Description générale
Les
légumineuses
C’est quoi une légumineuse ? Quelles sont les avantages des
légumineuses ? L’air que nous respirons chaque jour contient de l’engrais. Les
légumineuses sont des plantes qui amènent l’engrais de l’air au sol pour rendre
le sol fertile. Sur les racines des légumineuses, on peut voir les petites
boules qui contiennent l’engrais stocké.
Voici des exemples de légumineuses :
1.1 Pois d’Angole 1.2 Mucuna
1.3 Soja 1.4 Lentille verte
Quelles
sont les avantages des légumineuses ?
Avec les
légumineuses , tu peux :
·
Augmenter tes rendements
·
Améliorer la fertilité de ton sol
·
Fournir du fourrage de qualité à tes animaux
· Te nourrir de certaines graines qui sont riches en nutriments Ainsi avec les légumineuses, tu peux
Exemples :
1.5 Plant de crotalaire en fructification 1.6 Peuplement naturel de crotalaire
Description sommaire
§
Le crotalaire est une légumineuse herbacée
tropicale
§ Il est largement cultivé dans les zones sèches des régions tropicales et subtropicales.
§
Il est souvent subspontané, se naturalise et
pousse facilement.
Fonction
Le crotalaire est utilisé pour :
·
Relever la fertilité des sols par l’apport de la
matière organique.
·
Restaurer la fertilité des sols en jachère, très
bon fixateur d’azote.
·
Lutter contre les nématodes (la présence du
crotalaire sur un sol éloigne les nématodes).
Où mettre en place la mesure (toposéquence,
relief, etc.) ?
§
Le crotalaire pousse sur une diversité de sol à
l’exception des sols sableux et hydromorphes.
§
Sa culture n’est pas très répandue.
§ On le rencontre à l’état naturel sur toutes les positions dans le relief.
C- La mesure et sa mise en place
§
Labourer la parcelle
§
Adopter un écartement de 0,80 m entre lignes.
§
Semer les graines de crotalaire soit en lignes
continues ou dans des poquets à tous les 50 cm. On peut aussi semer entre deux
poquets de céréales.
§
La densité de semis est de 10-15 kg en lignes
espacées de 0,50 m ou 15 à 25 kg/ha à la volée
§
Recouvrir légèrement de terre sans tasser.
§
Sarcler au moins deux fois pour aider la plante
à supplanter les adventices.
§
Récolter de façon échelonnée les gousses de couleur
brune pour limiter les pertes à cause de la déhiscence.
§
Pour enrichir les jachères, on peut les
ensemencer avec les graines de crotalaire semées à la volée
Dans certaines exploitations on constate des repousses de crotalaire parfois sur une superficie importante. Il conviendrait de les entretenir, de récolter les graines et de récupérer la biomasse.
Exigences pour sa durabilité et sa mise à
échelle
§ Démarrage lent.
§
Sensible à la sécheresse.
§ Identifier
des zones où pousse le crotalaire et récolter les gousses afin de disposer
d'une bonne quantité de semences à semer dans les champs dégradés.
Cultiver une sole de crotalaire de 2000 m² dans le but de récolter 100 kg de semence pour l'extension des parcelles à restaurer.
C’est quoi le Mucuna ?
Le Mucuna est une légumineuse herbe qui fabrique de l'engrais à partir de l’air. Le Mucuna conserve l’engrais de l’air dans les boules qui sont sur ses racines pour fertiliser le sol.
1.7 Champ de Mucuna en pur 1.8 À droite : Maïs sous paillis de Mucuna semé dès les premières pluies.À gauche : Maïs sous paillis de Mucuna semé dès l’installation des pluies.
Pourquoi
cultiver le Mucuna ?
Le Mucuna a plusieurs avantages :
·
les feuilles et tiges du Mucuna protègent le
sol contre le soleil et le vent. Elles gardent aussi de l'eau et favorisent la
vie dans le sol
·
le champ de Mucuna en pur lutte contre les
mauvaises herbes
·
la bonne couverture du sol par le Mucuna
permet de semer sans labourer
·
le Mucuna est un bon aliment pour les animaux
Comment
cultiver le Mucuna ?
1.
Installation de la parcelle
Installer la parcelle de Mucuna dans des endroits qui présentent moins de risque d’incendie et de dégâts de divagation des animaux : mettre la parcelle de Mucuna à l’intérieur du champ.
2. Semis
Le Mucuna peut être semé :
§ en
pur
§ OU en association avec du maïs (semer le Mucuna 40 jours après le semis du maïs pour éviter l’envahissement du Mucuna sur le maïs
§ OU autour des arbres morts pour avoir beaucoup de graines à semer.
1.11 Mucuna semé autour d’un arbre mort pour produire des semences
3.
Entretien
Après une bonne poussée du Mucuna, il est important de
sarcler une ou deux fois le champ du Mucuna. Les sarclages permettent au Mucuna de bien grandir pour
bien couvrir le sol et tuer les mauvaises herbes.
4.
Récolte
Il faut récolter les gousses lorsqu’elles commencent à sécher (passage du vert au brun), puis sécher la récolte, battre, vanner et stocker. Plusieurs passages de récolte (2 ou 3) sont nécessaires.
C’est quoi le Pois d’Angole ?
Le Pois d’Angole est une légumineuse petit arbre. Le Pois d’Angole fabrique de l’engrais à partir de l’air pour fertiliser le sol.
|
1.12
Champ de Pois d’Angole
Pourquoi cultiver le Pois d’Angole ?
Le Pois d’Angole
est cultivé pour plusieurs avantages :
§ Il
améliore la fertilité des sols
§ Il
lutte contre les mauvaises herbes
§ Il
est un bon aliment pour les animaux (feuilles) et pour l’homme (graines)
§ Il
protège les volailles contre les éperviers et réduit les cas de mortalité
lorsqu’il est semé en pur
Comment
cultiver le Pois d’Angole ?
1.
Installation de la parcelle
Installer la parcelle de Pois d’Angole dans des endroits qui présentent moins de risque d’incendie et de dégâts de divagation des animaux.
Semis
Le Pois d’Angole peut être
semé :
§ en pur: pour la production de graines ou de fourrage : 20 kg/ha, 2 graines par poquet, écartement de 1 mètre entre les lignes et 0,8 mètre entre les plants sur la ligne.
§ en association avec d’autres cultures (maïs, manioc, mil, sorgho, igname) : 20 kg/ha, 2 graines par poquet à un écartement de 0,80 m sur la ligne et 1,60 m entre plants sur la ligne. Mettre deux lignes de Pois d’Angole séparées par une ligne de maïs.
1.14 Champs de Pois d’Angole en association avec le maïs
3. Entretien
Il faut sarcler deux fois après une
bonne levée. La destruction des tiges intervient à la fin de la deuxième
année.
4.
Récolte
Il faut récolter les gousses lorsqu’elles commencent à perdre leur couleur verte.
Amélioration de la fertilité du sol avec la bonne gestion
des résidus de récolte
1.15 Paille de riz dans un champ d’igname 1.16 Paillis de résidus de récolte (spathes demaïs)
Description sommaire
Jusqu'à la récolte, toute culture
enlève au sol des éléments nutritifs, ce qui avec le temps, diminue la
fertilité du sol. De plus, la mise à feu des résidus de récolte, la pratique de
l’agriculture sur brûlis et le passage des feux de végétation accidentels
diminuent de façon remarquable le stock des éléments nutritifs du sol et
détruisent les organismes vivants du sol.
La bonne gestion des résidus de
récolte consiste à restituer au sol la matière organique en épandant les
résidus végétaux après la récolte (paille de céréales, fanes de légumineuses,
etc.).
Qu’est-ce
qu’on y gagne ?
Quelques exemples
d’accroissement de rendement de cultures :
§
En pratique paysanne, le rendement du cotonnier
varie de 1,5 à 2,7 t/ha ; avec l’utilisation des résidus de coton, ce rendement
passe de 1,7 jusqu’à 3,2 t/ha. Tandis que le rendement du maïs qui varie de 1,2
à 2,5 t/ha, atteint, toujours avec l’utilisation des résidus de coton, 1,8 et
même 3 t/ha.
§
Avec l’utilisation des résidus du sorgho, le
rendement du sorgho de l’ordre de 0,8 t/ha (pratique paysanne), passe à 1,2
voire 1,4 t/ha ; de même celui du maïs passe de 2,5 t/ha (pratique paysanne) à
3 t/ha.
§
Diminuer le coût de production (réduction de la
main d’œuvre pour désherbage, réduction de consommation en engrais minéraux du
tiers à la moitié)
§
Meilleure qualité des produits de récolte,
notamment les cultures maraîchères.
§ Réduire
les pertes des particules fines du sol dues à l’action de l’eau ou du vent ;
§ Conserver
l’eau dans le sol (réduire les risques climatiques);
§ Maintenir
une bonne croissance et un bon développement des plants ;
§ Garder
le sol meuble facilitant ainsi l’enracinement des plants ;
§ Conserver
la biodiversité dans le sol (Faciliter l’accroissement des organismes vivants
du sol)
§ Réduire
la prolifération des mauvaises herbes et l’utilisation des herbicides ;
Où mettre
en place la mesure?
·
De préférence partout dans vos champs.
·
Attention : En présence de terrain
accidentée coupler cette mesure avec les mesures CES
La mesure et sa mise en place
La mise en
place de cette mesure dépend de la méthode de préparation du sol choisie par
l’agriculteur (avec ou sans labour préalable).
1) Cas du travail minimum du sol
§ Les
résidus sont épandus sur le sol après le récolte, ceci limite le prélèvement
par les animaux en divagation.
§ Juste
après les récoltes, faucher les tiges et les aligner dans les sillons ou bien
les étaler sur la parcelle en début de saison sèche.
§ Pour
certaines cultures, le soja par exemple, les plants sont rassemblés sur une
aire de récolte en vue du battage. Dans ce cas, il est fortement recommandé de
retourner et d’épandre les résidus sur la parcelle de production. Il faut
éviter de les brûler.
2) Cas du labour
§
Couvrir le sol avec les résidus de récolte.
§ Ramener
au besoin les résidus de récolte déplacés sur les aires de battage
§ Faucher
les résidus de culture (tiges) et les étaler au sol.
En début de campagne, labourer la parcelle :
Cas de labour à plat : effectuer
un premier labour si possible avec les premières pluies ; puis un labour croisé
15 jours après le premier pour bien enfouir les tiges ;
Cas de labour en billon : billonner la parcelle en ramenant la terre
sur les résidus mis dans les sillons.
Pour la mise à échelle, conserver tous les résidus de récolte sans aucun brûlis.
Qu’est-ce que l’amorçage des semences ?
L’amorçage des semences est une méthode simple qui aide
les graines à germer plus vite et en même temps. Cette technique permet aussi
aux plantes de pousser mieux et de fleurir plus tôt.
Comment ça marche ?
1. On
trempe les graines pour qu’elles commencent à germer.
2. Avant
que la petite racine ne sorte (la radicule), on arrête le processus en laissant
les graines sécher à nouveau.
3. Les
graines restent en bon état et prêtes à être semées.
Quels sont les avantages ?
-
Les plantes résistent mieux à des conditions
difficiles, comme le manque d’eau ou les sols salés.
-
Les graines germent toutes en même temps,
même s’il pleut peu ou de manière irrégulière.
Cette méthode aide à améliorer les récoltes dans des conditions difficiles !
Apporter
juste ce qu'il faut à la plante
Pour que vos
cultures donnent le meilleur rendement possible, il faut leur fournir la bonne
quantité d'engrais. Cela veut dire :
Ø Comprendre ce dont la plante besoin.
Ø Ajouter uniquement les éléments
nutritifs qui manquent dans votre sol.
L'engrais
peut être naturel (comme le compost) ou chimique. Mais, il est très
important de toujours mélanger l'engrais dans la terre pour qu'il profite
bien à la plante.
Mieux
utiliser l'eau
Les
pratiques de conservation de l'eau et du sol aident à bien gérer l'eau. Cela
consiste à :
Ø Garder l'eau dans la terre quand la
plante en a besoin.
Ø Évacuer l'excès d'eau pour éviter
qu'elle noie les plantes.
Ces
techniques permettent aux cultures d'utiliser l'eau de manière efficace pour
mieux pousser.
Une pratique qui permet à améliorer le rendement agricole et protéger l’environnement c’est l’utilisation de l’huile de néém.
1.17 Affiche enrobée au néém
Il n’existe pas uniquement l’huile de néém pour l’enrobage mais on peut utiliser également les extraits aqueux des plantes améliorantes (entre autres : Moringa, Gliricidia, Enterolobium, Acacia).
C’est
quoi le compost ?
Le compost est un produit naturel obtenu en faisant pourrir
des déchets végétaux (comme la paille et les herbes) et des déchets animaux dans
une fosse appelée compostière.
Pourquoi
utiliser du compost ?
-
Le compost est très riche en matières
organiques. Il nourrit la terre et lui redonne des qualités qui s’épuisent avec
le temps.
-
Ca réduit les coûts de production en remplaçant
les engrais chimiques du commerce.
-
Le compost est bon pour toutes les cultures et
aide à obtenir de meilleures récoltes.
Où mettre en place la mesure?
§ En
culture maraîchère sur les planches, dans les plantations autours des arbres,
sur des terrains peu accidentés.
Comment
utiliser le compost selon le type de terre :
-
Terre argileuse (lourde et compacte) :
Ajoutez du fumier, du compost, un peu de sable ou du biochar (du charbon
naturel). Cela rendra la terre plus facile à travailler et mieux drainée.
-
Terre sableuse (qui ne retient pas l’eau)
: Mettez du compost, du fumier, de la terre un peu argileuse et du biochar.
Cela aidera la terre à garder l’eau et les nutriments.
-
Terre acide (qui empêche certaines
plantes de bien pousser) : Ajoutez du compost, du biochar et du calcaire (comme
la chaux éteinte). Cela équilibrera le sol.
![]() |
1.18 Compostage en tas
Utiliser le compost, c’est une méthode naturelle et efficace
pour améliorer vos champs et avoir de meilleures récoltes.
Comment
le faire ?
A.
Compostage en tas
§
Délimiter l’aire de compostage : elle a pour
dimension 2 m de long, 1,5 m de large et faire un décapage de 20 cm de
profondeur
§
Tapisser avec une couche de terre de termitière
ou d’argile pour éviter l’infiltration
§
Planter une grosse perche de bois au centre
§ Couper la paille ou résidus de récolte en petits morceaux pour favoriser une décomposition plus rapide
1.19 tas composte
couvert 1.20 villageois en préparation
du composte en tas
Constitution du tas sur l’aire de compostage :
§
Mettre une première couche de 40 cm de paille ;
§
Arroser et tasser ;
§
Épandre 1 à 2 kg de cendre ou de terre de
surface ou de la bouse de vache (2 à 3 cm) ; Constituer de la même manière
que la première couche, 4 autres couches successives de 20 cm intercalées de
minces couches de cendre de terre de surface ou de bouse de vache.
§
La hauteur du compost est de 1 m
§
Damer suffisamment après la dernière couche
§
Enlever la perche qui laisse un trou central
d’aération.
Couverture du tas : couvrir le tas d’un film plastique ou couvrir d’herbe le tas ou puis y déposer des objets lourds ou couvrir le tas d’une bâche.
1.21 Compost couvert par un film plastique et bien
sécurisé par des branches et pierres.
Arrosage du tas :
§
Arroser le tas au moins une fois par semaine en
absence de pluies
§
Arroser avec 2 à 3 seaux d’eau si la paille
était mouillée
§
Arroser avec 5 à 7 seaux d’eau si la paille
n’était pas mouillée
Retournement du tas et mûrissement du compost :
§
Retournement du tas tous les 15 jours en ayant
soin de ramener au milieu les parties en bordure
Avec le compost, vous avez une solution simple, naturelle et économique pour améliorer vos champs et cultiver en respectant la nature !
Le biochar ou charbon vert est un amendement organique
recommandé pour les sols acides. Il améliore la nutrition des cultures et
augmente leurs rendements. Il peut être mélangé avec le compost ou l’engrais
minéral pour obtenir un bon fertilisant. Le biochar est fabriqué en chauffant
des restes de plantes (comme les rafles de maïs ou des résidus de forêt) dans
un environnement sans oxygène ou avec très peu d’oxygène. Après ce traitement,
il est broyé pour devenir une poudre fine.
Attention
: Le biochar contient très peu de nutriments à lui seul mais il rend vos
engrais (organiques ou chimiques) plus efficaces.
Pourquoi
utiliser le biochar ?
Le biochar apporte plusieurs avantages pour améliorer vos
champs :
-
Il améliore la structure du sol augmente la
capacité du sol à retenir l’eau, retient les nutriments dans le sol, & empêche
leur perte.
-
Il diminue l’acidité du sol, ce qui est bon pour
vos cultures.
-
Il sert de maison aux micro-organismes utiles au
sol.
-
Il recycle les résidus agricoles (comme les
rafles de maïs).
-
Il aide à réduire les émissions de gaz à effet
de serre.
-
Il contribue à restaurer les sols tropicaux lorsqu’il est utilisé avec de la matière organique (comme du compost ou du
fumier).
Comment fabriquer le biochar ?
1.22 Affiche des étapes dans la préparation du biochar
1.23 Production du Biochar
Comment
utiliser le biochar ?
Voici quelques conseils simples pour utiliser le biochar
:
1.
Mélangez le biochar avec une source de
nutriment, comme du compost, du fumier bien décomposé ou une petite quantité
d’engrais chimique.
2.
Appliquez le mélange localement, par exemple
dans les poquets où vous plantez vos graines.
3.
Dose recommandée :
i. Pour
une culture comme le maïs ou le coton, mélangez 100 kg de biochar à 150 kg
d’engrais NPK par hectare. Appliquez 2 semaines après le semis.
ii. Par
poquet, ajoutez 2 volumes de biochar pour 1 volume d’engrais NPK. Si vous avez
du compost ou du fumier, vous pouvez ajouter 2 ou 3 volumes en plus.
4. Renouvelez l’application chaque année.
Pour que
ça fonctionne bien :
1.
Toujours ajouter de la matière organique au
biochar (compost, fumier, etc.) pour que le sol devienne fertile.
2.
Former les agriculteurs et faciliter l’accès au
matériel, comme des fours pour produire le biochar, afin de l’utiliser à grande
échelle.
Avec le biochar, vos sols seront plus fertiles et vos
cultures plus productives !